Léo Lalanne se dévoile avec « Allen »

 

Léo Lalanne, un artiste que nous avons découvert sur Groover il y a un bout de temps, sort son tant attendu premier EP, Allen, ce vendredi 17 avril 2020. Dans ce contexte particulier, sa douce voix susurrée réchauffe nos cœurs engourdis par la distanciation sociale.

 

(c) Photo de Christophe Ideal et graphisme de Josue Graesslin

Nous avons connu Léo Lalanne avec son premier single, AMORT (2018), au clip très personnel et mystique. Cet artiste est fascinant et sa vulnérabilité fait sa force. Vendéen, il a quitté la France pour Londres à ses 18 ans, ville où il a pu explorer sa créativité et rencontrer d’autres artistes, inspirés par la mode et par la musique. Il a aussi été journaliste et a interviewé de grands artistes.

Aujourd’hui, son premier EP, Allen, parvient enfin à nos oreilles et nous pouvons mesurer toute la maturité acquise par l’artiste au cours de ses dix dernières années d’existence. L’EP s’ouvre avec « Garçon », un morceau empreint de nostalgie, où Léo Lalanne raconte son évolution de l’adolescence à l’âge adulte. Des nappes de synthétiseurs et la voix murmurée de l’artiste nous entraînent dans son univers poétique et prenant.

 

 

Ensuite, « Allen », second single de l’EP, fait son entrée sur un beat électronique et avec la voix saisissante de Léo. Ce morceau est adapté de « Song » d’Allen Ginsberg, traduit de l’américain par Robert Cordier et Jean-Jacques Lebel. Les paroles collent parfaitement à l’univers de l’artiste qui se livre tout entier, tout en authenticité.

 

 

« Si seulement tu savais… Cette histoire n’est pas la mienne ni la tienne, elle est nôtre. » 

« Impair » est un bijou dans lequel la voix de Léo Lalanne nous berce, nous fait voyager dans son for intérieur, dans son enfance, dans le cheminement qu’il a pris tout au long de sa vie. Ses paroles nous touchent de par l’absence de père de l’artiste et son enfance auprès de sa mère. Il doit se reconstruire sans cette figure paternelle qui l’a abandonnée…

 

 

Suite à cette mise-à-nu, Léo Lalanne nous gratifie d’une chanson sur la ville où il a passé beaucoup d’années de sa vie, « Londres ». Ce sont une mélodie et une rythmique épiques où l’artiste nous entraîne dans sa course effrénée à la découverte de son identité propre, à travers la ville britannique, qui nous montrent la parure que le monde prend, où l’apparence est maîtresse. Et son accent anglais soigné nous donne envie de retourner dans notre ville préférée, celle qui nous a vu grandir, celle qui a vu nos moments de doutes comme nos moments de bonheur, nos victoires comme notre déchéance…

« London is a reflection… Tu n’es qu’une pâle représentation de notre absence d’intérêt. »

 

Puis l’EP se termine sur « Caïds », premier single de l’artiste où il raconte son vécu, l’homophobie à laquelle il doit faire face au quotidien et à laquelle il a fait face durant son enfance et son adolescence. Sur une rythmique à la fois simple et avec des paroles à demi-parlées incisives, Léo conte son expérience et son endurcissement face à la dureté des autres et à la dureté de la vie. Il est désormais un « Caïd ».

 

 

Ce premier EP nous donne matière à réfléchir sur notre évolution personnelle, sur notre sexualité, sur le regard des autres sur nos convictions et notre façon d’être. Léo Lalanne, avec l’aide d’Apollo Noir à la production musicale et de Maxime Maurel au mixage et au mastering, donne une dimension plus grande à ses textes poignants et arrive, à l’aide d’une instrumentation sobre mais percutante, à nous transcender et nous faire comprendre son art, sa façon d’être, son identité.

On en redemande. Vivement le live !

 

Pour plus de renseignements sur Léo Lalanne, rendez-vous sur sa page, sa chaîne et son SoundCloud.

 

Article rédigé par Adeline Dupriez