La nouvelle vague Penelope Isles

 

Après un premier essai en indépendant en 2015 bien-nommé Comfortably Swell, le groupe anglais Penelope Isles a signé en juillet dernier avec le label Bella Union son second album Until the Tide Creeps In.

 

 

À voir la pochette de l’album Until the Tide Creeps In, on en oublierait presque que le froid et la grisaille ont envahi l’hexagone depuis plusieurs semaines déjà. En effet, le grand gaillard aux lunettes de soleil et t-shirt bleu, guilleret devant son château de sable, donne envie de troquer moufles et bonnets contre de la crème solaire et des tongs. Le titre même de l’album (Avant que la vague ne remonte) nous évoque les belles plages d’été californiennes. Voilà à peu près le programme que nous réserve Penelope Isles avec cet album pop & surf à souhait. Et ce n’est pas depuis les plages de Santa Monica mais plutôt de celles de la non-moins charmante ville de Brighton, au sud de l’Angleterre, que le quatuor a développé son style pop, marin et lumineux.

 

 

Le premier titre « Chlorine » nous envoie déjà les bonnes vibes estivales et les embruns iodés (et non chlorés) de la mer nous collent à la peau, comme les mélodies mélancoliques et le rythme enjoué de « Round », titre déjà présent sur leur précédent album. Après le non-moins mélancolique « Not Talking », la belle mélodie de « Underwater Record Store », jouée tantôt à la guitare saturée, tantôt au clavier-jouet, semble être issue de la parfaite bande son des vacances d’été. On se balance et on rêvasse au soleil, tandis que la voix pure et douce de Lily Wolter nous illumine et nous libère du maelström oppressant mais jovial des guitares électriques et des claviers.

Un, deux, trois… Et hop ! On change de voix, mais pas de nom de famille avec le titre « Three », mené au chant par Jack Wolter accompagné par sa sœur aux chœurs. Le morceau progresse dans une lente assurance vers un ailleurs jamais atteint, une sorte de transe laconique et onirique dans laquelle on se complaît et on se perd. Le dynamique « Gnarbone » est un véritable hymne à la ride et à la jeunesse de plus de sept minutes ! Tantôt surf, tantôt rock, le morceau se déroule telle une course effrénée vers l’horizon… en direction peut-être de Narbonne, la ville française dont le nom semble avoir inspiré le groupe qui l’a anglicisé.

 

© Penelope Isles

 

Ville allemande connue pour des compositeurs de musique classique comme Jean-Sébastien Bach ou Richard Wagner, « Leipzig » prête son nom au septième titre de l’album, avec encore une fois une intelligente combinaison de mélodies à la fois saturées (via les guitares électriques) et douces (le clavier portant l’ambiance feutrée du titre). Un mélange bien équilibré qui sert à mettre en avant ce morceau taillé pour la radio. Le titre « Looking For Me / Eyes Closed » met de côté les guitares électriques pour laisser la place à un beau duo de guitares folk. La ballade paisible vient telle une brise charmer les oreilles des auditeurs pour une bulle de quelques minutes.

« Cut Your Hair » n’est pas le tube du groupe Pavement sorti pendant les années 1990, mais bien l’un des titres de Until the Tide Creeps In. Sur un rythme constant et saccadé, Jack Wolter argumente sur les choix faits par son amant·e pour lui plaire, comme de se couper les cheveux.

You didn’t have to cut your hair
And sit down in an office chair
You didn’t have to change your mind
Sometimes I think I might change mine

Après avoir passé toute la journée (et près de quarante minutes) au bord de la mer, le groupe retrouve son home sweet home avec le titre « Through the Garden », venant conclure avec douceur ce qui a semblé être une après-midi estivale et ensoleillée sur les plages de Brighton.

 

© Abbey Raymonde

 

Sans prétention ni chichis, le duo frère-sœur Jack & Lily Wolter et leurs compères Becky Redford et Jack Sowton proposent avec Until the Tide Creeps In un album pop, rock et enchanteur, dans la lignée de grands groupes de Brighton comme Electrelane ou encore The Go! Team. Surf sans être Beach Fossils, pop sans être Coldplay, le groupe s’est amusé à créer et même enregistrer lui-même ces jolies compositions qui évoquent d’une belle manière le temps de l’été. Elles sont pleines de naïveté sans perdre en crédibilité, rock et sérieuses sans violence. L’équilibre sonore créé par le jeu du groupe, les instruments, rythmes et mélodies utilisés et la production finale de l’album, font de Until the Tide Creeps In une oeuvre cohérente qui nous introduit bien à l’univers de Penelope Isles. On n’a désormais qu’une seule hâte, c’est celle de marcher, courir, surfer, rider le long de l’English Riviera avec aux oreilles ces dix titres et des sentiments joyeux et mélancoliques dans le cœur.

 

Retrouvez Penelope Isles sur Bandcamp, Facebook et YouTube.

 

Article rédigé par Jonathan Kakpeyen

 

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