Retour sur les Bars en Trans

Quasiment un mois après, nous revenons sur le festival des Bars en Trans qui s’est tenu du 7 au 9 décembre 2017 à Rennes. Pour la 32e année consécutive, le festival a fait vibrer les bars de la ville aux sons d’artistes prometteurs de la nouvelle scène française ! 

 

 

Les Bars en Trans sont l’occasion de rassembler à la fois professionnels du secteur des musiques actuelles et public de jeunes étudiants ou d’amateurs de musique. Cette édition n’a pas dérogé à la règle et pas moins de 12 000 personnes sont venues assister aux 112 concerts présentés dans les bars de la ville !

Afin d’aller dans la continuité de mon article journal sur les Trans, j’ai décidé d’écrire ce reportage sous la même forme. Cette édition était ma première et j’ai eu le plaisir de commencer par une soirée organisée par le PAM, l’Arcade et Grand Bureau au Gatsby Club le jeudi 7 décembre à 18 heures. Quatre artistes soutenus par les professionnels de ces régions étaient à l’affiche de cette soirée placée sous le signe de la découverte et de la convivialité ainsi que du terroir.

(c) Roca Balboa

 

Arrivée un peu en retard après avoir assisté au concert des tonitruants Fabulous Sheep à l’Étage, j’ai été accueillie par Amandine Podrini la chargée de communication du PAM et Christophe Moulin le programmateur du Ninkasi à Lyon. Pour l’occasion, des bières artisanales fabriquées par la brasserie Ninkasi étaient proposées et j’ai pu tester la Ninkasi Ambrée, un vrai régal en bouche avec ses notes fruitées. Après avoir eu un cours d’histoire sur la Chartreuse par le batteur de Bottle Next, j’ai eu l’honneur de goûter ce brevage ancestral.

(c) Anne-Laure Etienne

Maintenant que j’avais étanché ma soif, il était temps d’assister aux concerts pour lesquels j’étais venue et j’ai commencé avec le live de Black Lilys, un duo de pop folk venu de Lyon qui en a sous le capot. Non content d’être un duo, Black Lilys est le projet d’une soeur – Camille – et d’un frère – Robin – dont l’alchimie est évidente. La voix de Camille Faure, dont le timbre rappelle celui de Melanie Martinez, remue les tréfonds de notre cœur avec son ambivalence entre rugosité et douceur. À ses côtés, Robin Faure tire sur la corde sensible avec les mélodies puissantes et mélancoliques qui s’échappent de sa guitare au contact de ses doigts agiles. Des musiques profondes sur le sens de la vie, l’amour, la souffrance, le lien du sang se succèdent et c’est sûrement ce qui fait que Black Lilys nous émeut autant. La fratrie a livré un concert tout en intimité, en émotion et en sincérité. Mention spéciale pour Color my Soul qui est littéralement bouleversante !

Après ce concert renversant au Gatsby Club je tenterai de me rendre au Bar Hic pour le set de Dätcha Mandala, sans succès. Le bar est plein et le vigile pas commode ! Bon, pas le temps de flâner, Das Kinø commence à 22 heures au Ty Anna. Je fonce m’y installer !

 

Arrivée dans le Ty Anna, je parviens à me frayer un chemin parmi la foule qui se presse déjà autour de la scène et je parviens à me caler vers le fond, à côté des toilettes… Heureusement, un ami me dit de le rejoindre devant la micro scène qui ressemble plus à une estrade et je ne me fais pas prier. Le concert peut commencer, je suis bien placée ! Das Kinø est un duo pop électro basé à Nantes, composé de David Darricarrère au chant et à la guitare et de Léa Colombet au chant et au synthé. En live, ils sont accompagnés d’un batteur, Hibu Corbel. Sur scène, je découvre les deux musiciens ravis d’être accueillis par un public si nombreux et une salle au bord de l’explosion tellement les gens s’y pressent !

À l’image de son dernier clip, Wicked Love, le duo est explosif sur scène et offre une musique transcendante. La foule, essentiellement constituée d’étudiants enivrés, danse jusqu’à plus soif. Les voix des deux musiciens s’entremêlent pour créer une osmose parfaite et nous faire oublier le monde environnant. Plus rien d’autre n’existe que David et Léa, nous sommes le simple témoin de leur fusion. Tantôt en français, tantôt en anglais, le chant nous transporte totalement à travers monts et vallées. De son côté, l’instrumentation est sensuelle et langoureuse, lancinante et vaporeuse. Mention spéciale pour Electric Jungle (de l’album The Call of a Vision) qui m’a complètement transcendée !

Après cette soirée d’ouverture des Bars en Trans, c’est galette-saucisse et coucouche-panier car il reste encore deux jours de festival…

En avant pour le deuxième soir de Bars en Trans (vendredi 8) et ce soir, c’est grand soir avec Louis Piscine au Gatsby Club à 18 h 30 pour la soirée Zoom (Musiques Actuelles Grand Est). C’est un buffet avec du champagne du terroir champenois qui nous attend !

(c) Fred Aufray

Louis Piscine, est-il encore utile de le présenter ? Originaire de Champagne, le jeune parisien d’adoption vogue à travers les flots musicaux comme un poisson dans l’eau ! Son EP Les Vacances sorti en juin 2017 passe en boucle sur ma chaîne hifi et je ne m’en lasse pas ! Vu à ATLA, aux Trois Baudets et depuis à FGO, ce concert du crooner était le troisième que j’avais l’occasion de voir et je n’ai pas été déçue ! Sur scène, il est accompagné de June au synthétiseur, au pad et aux chœurs et d’un merveilleux palmier gonflable en guise de décor. Qualifié de chanson française, son style musical est plus riche que son étiquette, mélange de pop resplendissante, de rock grisant et de percussions africanisantes !

Ce soir-là, au Gatsby Club, le public était au rendez-vous et après avoir bu moult coupes de champagne il était fin prêt pour accueillir Louis Piscine. Avec sa bonhomie légendaire, l’artiste a ouvert la soirée sous les meilleurs auspices ! Quand il est sur scène, son charisme est indéniable et la complicité avec sa musicienne est évidente. Les chansons se sont enchaînées dans l’euphorie générale, avec quelques soucis techniques au niveau du synthé qu’on n’entendait pas toujours, ce qui n’a pas entravé l’ambiance du concert et a même renforcé le lien entre Louis et son public ! Comme toujours, j’ai été conquise par la prestation de Louis et June qui sont décidément complémentaires sur scène. Mention spéciale pour l’une de mes chansons préférées Procrastinateur qui me fait hurler et sauter sur place comme une tarée à chaque concert !

Enfin, le troisième et dernier jour des Bars en Trans était pour moi tout particulier car The Howlin’ Jaws, un trio parisien découvert à la fête de la musique 2016 au Dr Lupin, se produisait au Dejazey à 22 h 30.

Arrivée au Dejazey, je vois Djivan le chanteur-contrebassiste et Baptiste le batteur qui m’indiquent qu’ils ne commenceront pas de suite. Je m’étais pressée croyant être en retard mais le concert débute 20 minutes après l’heure prévue. J’ai réussi à me trouver une place au premier rang auprès de potes de Lucas, le guitariste, et d’une fille fort sympathique. Derrière moi, un groupe de gens plus âgés en mode vieux loups de mer n’a de cesse de faire des pogos pendant tout le show ! Il faut dire que The Howlin’ Jaws, c’est du rock 50s à la Stray Cats réincarnés en jeunes trublions qui font la révolution au bal de promo du lycée ! Le Dejazey est tellement blindé qu’on ne peut plus bouger un cheveu mais ça n’empêche personne de twister à gogo et le vieux de m’envoyer valdinguer de tous les côtés ! L’ambiance est survoltée, les trois lascars donnent tout et le public est en osmose ! Le trio réussit à rassembler avec brio un public éclectique où toutes les générations sont présentes pour vibrer aux sons de ses morceaux rockabilly. À la fin du concert, Baptiste envoie ses baguettes dans la foule en délire et les trois trouble-fêtes sortent de scène avec dignité en passant par la porte des toilettes. Mention spéciale pour Tough Love, un tube en puissance dont je ne me lasse pas !

 

 

 

Pour plus d’informations sur les Bars en Trans, rendez-vous sur le site du festival.

 

Article rédigé par Adeline Dupriez

 

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