Rendez-vous avec Aquaserge !

 

À l’occasion du concert d’Aquaserge au festival international The Great Escape, nous avons eu l’occasion de poser quelques questions au fantasque groupe ! 

 

(c) Franck Alix

 

Comment est né Aquaserge ?

Audrey : C’était un trio, un trio basse-batterie-guitare avec Benjamin et Julien. Maintenant il ne reste plus qu’eux deux. Et il y avait un batteur qui joue aujourd’hui dans Tame Impala, qui est là en studio mais qui ne peut plus faire le live avec nous parce qu’il a trop de concerts. Donc au départ ce sont ces trois gars qui se sont rencontrés, qui avaient envie d’explorer une musique un peu branchée 70s, Gainsbourg et autres.

Pourquoi « Aquaserge » ? Comment est né ce capitaine de sous-marin ? Est-il inspiré de Nemo et du Nautilus ? 

Audrey : Oui, puis il y a Serge Gainsbourg, le Nautilus et c’est un mélange d’odyssée…

Après votre tournée, comptez-vous vous produire en France à nouveau ?

Benjamin : C’est une tournée sans fin en fait, depuis euh… C’est un peu tout le temps. On ne s’est pas posé. On compte faire encore un an et demi, deux ans, comme ça avec ce disque (déjà-vous?) et ces morceaux-là avant de faire du nouveau.

Audrey : On a plein de dates en France en rentrant, on en a cet été, on en a à la rentrée.

 

 

Est-ce que votre chanson « Si loin si proche » est une référence au film de Wim Wenders ?

Julien : Non, plutôt des adages philosophiques, plutôt les philosophes grecs je dirais, que Wim Wenders, plutôt Platon.

Benjamin : Mais en même temps ça ne tombe pas si mal ce genre de référence, on ne savait pas du tout et c’est vrai que Wim Wenders c’est quelque chose… Paris, Texas… C’est quelque chose qui nous parle finalement, même si on n’a pas vu ce film-là.

Audrey : C’est Marc Hollander qui m’a dit « C’est pour Wim Wenders » et en fait non.

Benjamin : On ne l’a toujours pas vu.

Ce qui est marrant avec vos chansons c’est que vous avez des titres qui sont des titres de films, comme « Les Oiseaux » de Hitchcock par exemple.

Benjamin : Il y a une connexion avec le cinéma, on fait du cinéma, Audrey est cinéaste. On aime beaucoup les films. Souvent on nous dit que notre musique est une bande originale de film. C’est vrai qu’il y a un truc avec le cinéma mais au final même les clips qu’on fait sont plutôt cinématiques.

Audrey : Ce sont de vrais tournages.

Benjamin : Il y a des références involontaires par moment.

Avec tous vos side-projects, comment trouvez-vous le temps de vous réunir pour Aquaserge ?

Audrey : Google quoi, Google agenda.

Julien : Oui on a un agenda en commun.

Benjamin : C’est vrai que c’est pas toujours évident mais notre projet principal c’est Aquaserge.

Audrey : En général quand une bonne date tombe on est tous là ! Et après on construit des tournées autour. C’est plutôt pour la version octet avec les soufflants où on est obligé de définir des périodes parce qu’ils ont encore plus de projets. On tourne à cinq et à huit, et là tu auras la chance de nous voir à huit.

J’ai une question pour toi Julien : ça t’amuse d’écrire des textes érotiques ? Par exemple dans « Je viens » ou « Léger, léger ».

Julien : Ce n’est pas plus amusant que d’autres textes, c’est peut-être plus amusant de construire des textes autour du non-sens ou de détourner le sens des choses pour en donner un autre rendu, une autre proposition. Mais oui c’est amusant oui. Dans le cas de « Léger, léger » c’est une partie autobiographique mais qui est complètement… il y a une part de vérité mais il y a une part de mensonge dedans, enfin une part d’invention, une espèce d’autofiction, une autobiographie fictionnée ! Pour le cas de « Je viens », c’était plus une écriture à deux avec Benjamin, on a écrit ça à quatre mains.

Question pour tout le monde : est-ce que « Laisse ça être » est une référence à « Let It Be » ?

Audrey : Alors là oui ! C’est la traduction un peu Google, la mauvaise traduction si tu veux.

Donc vous avez joué là-dessus ?

Benjamin : Oui, pour plusieurs raisons. On a fait ce disque un peu à la manière des Beatles mais sans les mêmes moyens. On compose en studio, on a composé tous ensemble et on a aussi filmé l’enregistrement. Un ami a fait un film sur l’enregistrement qui s’appelle « Un film d’Aquaserge », un peu comme ça s’était passé sur les Beatles qui voulaient qu’on assiste en direct à l’enregistrement du disque.

Vous attendiez-vous à ce que « Laisse ça être » rencontre un tel succès auprès du public ?

Audrey : On ne s’en rend pas compte, on ne sait pas.

Julien : C’est un peu la roulette, c’est comme au casino. Tu jettes une bille dans la roulette et tu sais pas sur quel chiffre elle va tomber. C’est sûr que le disque a marché, il s’est vendu, il y a eu de la presse, les gens en parlent et les musiciens nous suivent beaucoup. Aquaserge on dit qu’on fait de la musique pour les musiciens, un peu technique… mais c’est vrai que c’est la première fois qu’on a un disque qui marche autant oui !

Après ce n’est pas uniquement pour les musiciens, je pense que ça touche tout le monde…

Julien : Oui ça touche tout le monde ! À la base c’était ça oui. Là ça détourne un peu le propos.

Quelles sont vos influences ? 

Audrey : Il y en a plein. Déjà ce disque-là, « Laisse ça être », je revenais du Brésil avec une quarantaine de disques par exemple donc il y a des influences brésiliennes, Julien aussi écoute beaucoup ça. Mais les influences, ce n’est pas ce qui fait la musique qu’on crée. C’est des individus différents qui se rencontrent, qui essayent de créer une musique intime.

Pensez-vous que ce concert au Great Escape soit une vitrine adaptée pour vous faire découvrir à l’international ?

Audrey : Peut-être…

Benjamin : C’est toujours difficile les festivals de ce genre, c’est quitte ou double en fait.

Et puis c’est trop court en fait…

Benjamin : C’est ça.

Audrey : Pour nous, c’est trop court.

Benjamin : Un demi-heure pour Aquaserge, c’est plus le triple qu’il faut pour commencer à comprendre le projet.

 

 

Quels sont vos projets à venir ?

Julien : Ils sont divers parce qu’on a bougé dans une nouvelle ville. C’est la réadaptation à un nouveau décorum, une nouvelle ville, qui est Bruxelles, pour nous trois. Trouver des logements…

Audrey : Composer une musique de film.

Julien : Composer des musiques de films, suivre la Coupe du monde de football…

Audrey : Moi j’ai un film à finir…

Julien : Benjamin a plein d’activités aussi.

Audrey : Se mettre à la méditation, se mettre à la danse contemporaine…

Julien : Il y a l’idée de travailler sur une musique de film…

Audrey : De film chilien, un long-métrage chilien. Il y a un scénario mais le nom n’est pas définitif.

Benjamin : C’est pour dans deux ans !

Pourquoi avez-vous tous déménagés à Bruxelles ?

Benjamin : Pas tous finalement… C’est le hasard de la vie.

Audrey : Parce que c’est là où il faut aller.

Benjamin : On a passé 15 ans à Toulouse… On a fait le tour.

Audrey : C’est enclavé pour les transports, comme on tourne beaucoup il faut avoir un aéroport à côté, et Paris et puis l’Europe, l’Angleterre, l’accès est plus facile là. On a fait beaucoup beaucoup de train, Toulouse-Paris c’était six heures/huit heures de train.

Julien : On a la maison de disques qui est à Bruxelles. Et moi je suis arrivé là-bas un peu par hasard.

Audrey : On a envie de découvrir des spectacles, de rencontrer d’autres gens, de s’ouvrir à plus de pays et à l’Angleterre aussi.

Julien : Bruxelles il y a des concerts tous les soirs, tout le temps.

Audrey : C’est cosmopolite.

D’ailleurs, comment avez-vous rencontré Crammed Discs votre label ?

Audrey : Ils sont venus nous voir à un concert à Bruxelles. Et nous sommes signés chez eux depuis deux ans, depuis « Laisse ça être ».

Julien : On a sorti trois disques avec eux donc il y a eu « Guerre EP », « Laisse ça être » et « Déjà vous ».

 

 

Pour plus de renseignements sur Aquaserge, rendez-vous sur Facebook ou sur le site officiel.

 

 

Propos recueillis par Adeline Dupriez

 

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