Psych rock made in France avec Ceylon !

 

Non, les toulousains de Ceylon ne nous viennent pas tout droit des 70s ! Et pourtant ! Leur musique, fortement marquée par l’esprit de l’ère hippie, s’exprime tout en couleur à travers l’EP Ceylon, sorti le 1er février chez Fauchage Collectif / La Couveuse.

 

 

Toujours curieuse des nouveaux groupes et musiciens de France et de Navarre, la team Lost Song recevait le mois dernier dans sa bannette l’EP éponyme de Ceylon. Depuis, les jours se sont écoulés tandis que le cinq titres restait vierge de nos écoutes…

Jusqu’au jour où nous avons regardé la vidéo du très bon « Keep Smiling », un morceau joué en live et donnant toute la mesure du potentiel du groupe ! Nous sommes donc revenus dans notre panier à la recherche des lost songs de Ceylon. Et nous n’avons pas été déçus !

 

 

L’album s’ouvre avec le jovial « Ceybon », où l’on découvre la voix lumineuse de Louise Holt, chantant en français son plaisir à aller danser. Après un solo qui s’envole gaiement, son partenaire de longue date et co-fondateur du groupe Tristan Chevalier la remplace au chant, pour un passage dans la langue de Shakespeare… Avant de s’évanouir sur un final musical à l’oud, signé Lucas Prêleur.

Dès ce premier titre, on apprécie le grain chaleureux et intimiste, presque rétro. Grain que l’on retrouve sur tout l’EP, notamment sur le titre « Hamlet Hollywood ». À la limite entre l’improvisation blues-rock d’un Canned Heat et la transe musicale de Can, le morceau nous offre onze minutes trente-six d’introspection mentale et spirituelle.

 

My name is Hamlet Hollywood

And I want to go to school

To learn and sing and dance

 

Toujours plus blues-rock, le titre « We Cry » se décompose en deux parties. La première présente la puissance musicale et vocale du groupe, sur un rythme lancinant et dégingandé. On a l’impression d’observer la lente procession d’un cortège funèbre dans le Far West, épleuré mais digne et fier. Dans le rôle des femmes en deuil, la guitare lead sinue et se tortille de douleur. Tandis que la section rythmique et le riff cowboy-esque font avancer ce sombre défilé, narré par les voix du duo Holt/Chevalier.

La seconde partie du titre, « Outro We Cry », s’ouvre sur le pizzicato des violon et violoncelle de Tristan Chevalier et de Luc Blanchot. Avant de laisser la place aux instruments électriques, à la batterie et à la trompette de William Laudinat. Cet interlude nous offre une scène à la limite de l’onirique, venant conclure la composition.

 

© Ceylon

 

Petit coup de cœur de la rédaction, faisant suite à la parenthèse obscure offerte par « We Cry », « Maraiées mortes » s’ouvre avec un riff de guitare envolé et la voix inquiétante, à la limite de la folie, de Louise Holt. La chanteuse réalise sur ce titre une performance vocale impressionnante, tant dans son phrasé que dans l’expression vocale. Elle est accompagnée de ce riff de guitare dynamique et déformé et d’un duo basse/batterie encore plus énergique et entraînant, qui nous donne envie de danser… Et c’est bon ! Belle façon de conclure cet EP !

 

Après avoir écouté les cinq titres, nous avons cherché à comprendre les origines de Ceylon : après plusieurs années de collaboration et de composition en duo, Louise Holt et Tristan Chevalier sont parvenus à créer un objet qui ressemble à leur vision de la musique, communicative et aux parfums de transe. En s’accompagnant de musiciens doués et en peaufinant le son final du groupe, Ceylon parvient à dépeindre son univers, en assumant sa double nationalité franco-américaine. Aucun doute que les héritiers du Jefferson Airplane made in Toulouse parviendront à rallier à leur cause d’autres aficionados du genre.

 

 

Plus d’informations sur Ceylon sur Facebook et Twitter. L’EP éponyme est disponible sur toutes les plateformes.

 

Article rédigé par Jonathan Kakpeyen

 

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