Oh! Tiger Mountain : l’interview sauvage

J’ai découvert Mathieu alias Oh ! Tiger Mountain en mars dernier en me promenant dans les couloirs de la Maison de la Radio. Le crooner de la scène rock marseillaise était, ce jour-là l’invité de, feu, l’émission « Pop Corn sur le Mouv’ « . J’ai regardé, j’ai écouté, j’ai aimé. L’interview est programmée, par téléphone, quelques mois plus tard. Rencontre avec un multi-instrumentiste passionné
© Darren Smith
– Tout d’abord, peux-tu nous présenter ton projet ?
 
Ouais ! Oh ! Tiger Mountain c’est mon bébé, ça fait cinq ans que je le fais. J’écris les paroles des chansons, je les compose et j’enregistre seul pour la plus grosse partie… avec un petit coup de main d’amis locaux pour certains détails, surtout pour le studio et puis après sur scène on est deux avec Pedro Lopez.
 
 
– D’où vient le nom « Oh ! Tiger Mountain » ?
 
– Alors ça vient du titre d’un album de Brian Eno qui s’appelle « Taking Tiger Mountain ».
 
 
– Et du coup quelles sont tes influences ?
 
– J’imagine que c’est tout ce que j’ai entendu depuis que j’écoute de la musique parce que j’ai pas d’intention précise dans ce que je fais à la base. Tu vois je me dis pas « Oh ! Tiger Mountain ça va être un groupe de garage ou de new wave etc ». Donc depuis que je suis tout petit j’écoute beaucoup de musique anglo-saxonne, j’aime bien le Velvet Underground, j’aime bien la dub, le reggae et puis aussi Lee Hazlewood qui est un chanteur américain de country… je sais pas si ça ressemble vraiment à ce qu’on fait mais bon… Moi je définirai O!TM comme minimaliste parce que ça tourne autour de peu d’instruments, c’est anglophile et américanophile et puis je chante avec une grosse voix alors on rigole en disant que je suis un crooner.
 
 
– « The Start of Whatever » est ton deuxième LP, quelles étaient tes attentes par rapport à cet album et est-ce qu’elles ont été satisfaites ou pas ?

 

 
– Honnêtement je le considère comme mon premier album en fait. Avec les gens avec qui je travaille on avait décidé de faire le premier album juste parce que j’avais les chansons alors que sur « TSOW » je me suis vraiment dit « maintenant je vais faire un disque ». J’ai écrit une vingtaine de chansons, j’en ai jeté la moitié et avec celles qui restaient j’ai fait la petite histoire du disque quoi. Donc celui-ci est un vrai album.

 

 

– Est-ce qu’il y a un aspect de la vie de musicien que tu préfères ou pas du tout ?
 
– Je crois que je suis très porté sur la scène, c’est quelque chose que j’aime beaucoup. Après je sais que dans mon entourage il y a des gens qui préfèrent peut-être plus l’étape de l’enregistrement. Moi j’aime les deux passionnément parce que le studio ça me permet d’amener mes chansons un peu plus loin, de faire de nouvelles choses. C’est aussi là où tu as les idées de… stylisation on va dire… mais moi j’aime beaucoup la scène, vraiment. J’aime jouer devant les gens, me rouler par terre etc (rires).
– Est-ce que tu peux me parler un peu de la scène musicale de Marseille ?
 
– Oh oui !! Ces deux, trois dernières années ça s’est un peu réveillé chez nous et je pense que c’est lié aussi au fait que… je sais pas… la vie culturelle marseillaise fait que les milieux sont tout petits : le milieu rock est tout petit, le milieu électro est tout petit et on a commencé à tous se mélanger sans trop faire gaffe aux styles de musique. Du coup là on a créé un collectif qui s’appelle Microphone Recording, c’est un collectif très éclectique, voire même hétéroclite puisqu’on regroupe Kid Francescoli, qui jouait avant avec moi et qui fait quelque chose de très électro-pop… rêveur, cinématographique etc, il y a Jonny Hawaii qui fait de la musique peut-être plus expérimentale, plus ambiante… après on a quelques groupes qui jouent des musiques très très expérimentales voire noise comme Ohmodron… et puis on a aussi Husbands, formé par Simon du groupe Nasser, autre groupe marseillais dont on est très proche, il y a Kid (Francescoli) et il y a moi et c’est un groupe de pop, vraiment. Sinon pour continuer sur Marseille il y a encore plein de choses puisque tu as donc Nasserqui est un beau succès marseillais puisque c’est un groupe qui tourne partout maintenant et Nico, le chanteur de Nasser, s’occupe de toutes les photos et de toutes les vidéos. C’est aussi lui qui a fait la pochette de mon disque et il travaille sur tous les visuels de Kid Francescoli… Comme tu le vois ça s’est réveillé et on fait tous des choses tous ensemble. Après il y a aussi des gens qui ne font pas partie du collectif mais qu’on fréquente pas mal aussi, des groupes comme Aline etc. Nous on répète à La Friche dans les locaux d’une association qui s’appelle l’A.M.I. et en fait on y croise tout le monde parce qu’il y a les Chinese Man ou Deluxe qui y répètent aussi par exemple.  
– Quels sont tes projets pour la suite de O!TM ?
– Ben là on va finir la tournée pour l’album d’ici le printemps prochain je pense. Comme ça, cela fera 1 an et quelques qu’on tourne avec. Du coup je prépare de nouveaux morceaux. Je ne sais pas encore sous quelle forme ça sortira… le disque est sorti en vinyle et la tournée s’est bien passée donc pourquoi pas le sortir sur CD avec quelque chose comme un EP de 4 morceaux en plus… Après il y a l’album de mon autre groupe, Husbands, qui va sortir et qui va commencer à tourner aussi. Ce qui veut dire que sur le début de l’année 2015 je vais être beaucoup sur les routes.

BONUS : Premier /Dernier :


– Le premier concert auquel tu as assisté ?
Le tout premier j’arrive pas à me souvenir lequel c’était mais pour le premier concert de rock… mon père m’avait emmené voir un groupe anglais qui s’appelait The Boo Radleys. C’était à Marseille et c’est moi qui avais demandé à y aller… C’était un groupe des années 90 que j’aimais bien à l’époque… C’est le premier vrai concert de rock auquel je suis allé. C’était pas vraiment du rock en plus, plus un truc très très pop…
 
– Le dernier concert auquel tu as assisté ?
C’était ce week-end ! J’accompagnais les copains du groupe Nasser et j’ai vu un groupe qui jouait juste avant eux et qui s’appelait Not Scientists... C’était un groupe punk assez mélodique, tout ça et c’était super bien !
 
– Le premier concert où tu as joué ?
Euh… C’était à la fête de la musique à Salon-de-Provence. J’avais un groupe à l’époque avec deux amis…
 
– Le dernier concert où tu as joué ?
Le dernier concert de Oh! Tiger Mountain… c’était où déjà ? Ah oui à Montpellier au Rockstore bien sûr !! (rires)  

– Le premier album que tu as acheté ? 
Je crois que c’était le live de AC/DC.
 
– Le dernier album que tu as acheté ?
Kevin Morby, c’est un disque qui s’appelle Harlem River.





Pour plus d’immersion, rendez-vous sur le site de Oh ! Tiger Mountain ou sur sa page facebook !





Interview réalisée par Suzon Bodin

 

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