La tête dans les nuages avec D.A.N.

 

Avec son electro-pop tribale, le groupe japonais D.A.N. sort sur le label indépendant Bayon Production un second opus solide.

 

 

Le trio tokyoïte D.A.N. poursuit son émergence en Europe : les jeunes hommes présentent ce 18 juillet leur deuxième album studio, Sonatine, qui atteste de la qualité de composition du groupe.

 

Après une brève introduction instrumentale, semblable à un lancement de navette spatiale (« Start »), le morceau « Chance » nous présente un bel échantillon de la house nouvelle génération qui caractérise le groupe. La chanson est en effet dominée d’une mélodie drone-ambient, semblable à ce que peut proposer un Floating Points.

 

 

« Sundance » est un morceau dansant et rythmé, coloré de teintes electronica mais également funk. Fan de musiques ethniques, le groupe a samplé sur ce titre ce qui semble être des chants traditionnels africains et des percussions, tandis que le frontman Daigo Sakuragi joue du synthé debout, sa voix cristalline en falsetto narrant des « émotions tourbillonnantes » en japonais dans le texte. Le jeu dynamique de batterie de Hikaru Kawakami est un élément clé du groove de ce morceau, et même de la machine D.A.N. Les fûts résonnent et entraînent aux rythmes dance, couplés à la basse de Jinya Ichikawa, qui s’amuse avec son instrument sur le titre futuriste « Cyberphunk ».

La navette D.A.N. se perd dans une poussière d’étoile instrumentale et expérimentale, les « Debris » des précédents morceaux se dispersant au fil de la piste. On reprend le cours normal de notre écoute avec le morceau « Pendulum », un titre tout en suspens et envoûtant, présageant des paysages inquiétants et mystiques. Les mélodies de clavier et le chant sensible de Daigo Sakuragi prennent leur place en entrelacs de bips et de guitares Flanger.

 

きっといつか別れるつもり (J’ai l’intention de m’éloigner un peu)

外今は止める光 (Dehors, à l’instant, c’est la lumière qui s’arrête)

きっといつか忘れるつもり (J’ai l’intention d’oublier un peu)

外今は止める光 (Dehors, à l’instant, c’est la lumière qui s’arrête)

 

Une ambiance chaude et sensuelle, emplie de romance, libère l’auditeur avec l’arrivée du morceau « Replica ». Le slow est simple et transpirant d’amour ; le titre idéal pour un moment d’intimité…

« Borderland » nous réveille de notre transe tantrique avec ses chœurs inspirés de la house des années 1990. Véritable morceau-fleuve, le titre nous montre l’ingéniosité de D.A.N. à user d’une même mélodie, évoluant sur plusieurs ambiances tout au long de ces dix minutes quatorze. En morceau de clôture, « Orange » nous rappelle la pochette de l’album, brumeuse et orangée. Le titre nous apaise et nous fait penser aux chansons feutrées de James Blake.

 

© D.A.N.

 

D.A.N. est un groupe surprenant et très prometteur. Dans leurs compositions, leur culture musicale riche s’organise avec inventivité, entre morceaux mélodiques, minimalistes et planants et des beats afros et rythmés. Leur succès au Japon leur a déjà permis de participer au prestigieux Fuji Rock Festival, et plus récemment au Great Escape Festival au Royaume-Uni. On regrette alors de n’entendre que très peu parler de ce groupe par chez nous. Et c’est bien dommage car les titres de Sonatine sont des morceaux à la fois dansants et mathématiques, psychédéliques et poétiques. On espère les voir jouer en France et en Europe très vite.

 

 

 

Plus d’informations sur D.A.N. sur leur site officielFacebook, Twitter ou Youtube.

 

Article rédigé par Jonathan Kakpeyen

Traduction du japonais par Rebecca Motyka

 

 

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