« Ivry sur scène » avec Aquaserge à la JIMI

 

Dans le cadre du Festi’Val de Marne et pour la soirée de clôture de la JIMI, le groupe toulousain jouait le 13 octobre au théâtre d’Ivry-Antoine Vitez à Ivry-sur-Seine. L’occasion de se refaire une petite passe des titres de son dernier album, Laisse ça être, sorti le 2 février 2017 chez Crammed Discs.

 

Aquaserge - Déjà vous ?
© Aquaserge

 

La JIMI, rendez-vous annuel des acteurs de la musique indé en France, accueillait pour sa douzième édition : labels, promoteurs, professionnels de la musique et évidemment artistes et groupes. L’occasion pour les mélomanes de découvrir des œuvres et projets diffusés hors circuits traditionnels.

Après deux journées de conférences, showcases, concerts et exposants divers, la JIMI s’est terminée le samedi 13 octobre avec plusieurs concerts répartis dans trois salles différentes de la ville d’Ivry-sur-Seine : le Hangar, le Tremplin et le très intime théâtre d’Ivry-Antoine Vitez. C’est dans ce dernier que nous nous sommes rendus afin de revoir ceux que nous avions déjà rencontré au Royaume-Uni.

Après avoir passé les portes d’entrée puis le zinc de la salle, nous pouvions entendre dans la fosse la voix puissante de P.r2b. Telle une boxeuse sur un ring, la chanteuse a ouvert la soirée en livrant son style original. À la croisée de l’électro, du dub et de Barbara, P.r2b a vibré en énergie et en émotion. Elle a enchaîné les titres de son répertoire tout en se déhanchant, sa crinière de lionne s’agitant en tout sens et accentuant la puissance de ses textes, comme pour le titre « Des rêves », opener de la compilation Général de chauffe de La Souterraine, sortie le 27 juillet dernier.

Également disponible sur la même compilation et dans un autre style, le chanteur Mohamed Lamouri accompagné du Groupe Mostla a fait danser l’auditoire, déjà bien échauffé ! La musique jazz-orientale a trouvé son public qui a adhéré, entre derbouka et claviers aux tons aigus.

 

 

Conservant un style oriental, mais ici au niveau vestimentaire, les cinq musiciens d’Aquaserge : Audrey Ginestet, Julien Chamla, Julien Gasc, Manon et Benjamin Glibert, se sont enfin présentés sur scène, déterminés à donner un show d’exception. En vestes brodées et djellabas, celles-là même qu’ils arborent depuis quelques années sur leurs visuels, les membres du groupe nous ont tout de suite amené dans leur univers de musique de film imaginaire.

En titre d’ouverture du concert, « Les yeux fermés » a bien illustré cette BO fictive. La vue inhibée mais l’ouïe aux aguets, les multiples harmonies et rythmes se sont entrechoqués, sur scène et dans les corps balançant du public, tandis que Julien Gasc chatouillait avec aplomb son clavier Yamaha. Dans le même registre, Benjamin Glibert grattait et tricotait comme un furieux sur sa Stratocaster ! Après un « Tour du monde » bien réalisé, le groupe a gardé son sang-froid sur « L’ire est au rendez-vous », titre ponctué des sons rugissants de la bête de chez Fender sous les coups précis de son maître.

Chaque musicien s’est d’ailleurs individuellement évertué à extraire le potentiel maximum de son instrument. On salue notamment l’incroyable performance du groupe sur l’odyssée spatiale de « Sillage ». L’unique morceau du set issu du second album, À l’amitié, a été le point d’orgue de la soirée avec une envolée d’une quinzaine de minutes sur les trois parties du morceau. Un beau clin d’œil à la série de BD de Jean-David Morvan. Toujours dans la BD, la clarinette basse de Manon Glibert a résonné dans un solo aux couleurs free-jazz sur l’accrocheur « Tintin on est bien mon Loulou ».

 

 

La salle s’est apaisée lorsque Benjamin Glibert a proposé au public de danser la valse sur « Si loin, si proche ». Puis le groupe a fini son set sur un beau « Virage sud » où Audrey Ginestet, telle un Johnny réincarné, a fait tonner sa basse les jambes en écart. Après un véritable tour du monde des styles et influences, la boucle est bouclée sur « Charme d’orient » qui a servi d’encore instrumental, fermant le rideau sur la folle soirée de concerts de ce samedi.

Si la question philosophique À quoi sers-je ? a pu se poser un jour au groupe, il n’y a aucun doute à la réponse à lui donner après un tel concert. Aquaserge nous a à nouveau prouvé son talent pour la scène. Le quintet est une belle équipe de création sonore et de divertissement, tantôt rétro, tantôt avant-gardiste, qu’il faut absolument voir en concert tant l’expérience live est jouissive.

 

 

Pour plus de renseignements sur Aquaserge, rendez-vous sur Facebook ou sur le site officiel. Le groupe sera en concert le 26 octobre au Point Éphémère à Paris et le 27 octobre au Lieu à Reims.

 

Article rédigé par Jonathan Kakpeyen

 

 

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