Hoax Paradise en toute sobriété

 

À l’occasion de la release d’écoute de leur premier EP, Well, Nobody’s Perfect, nous avons rencontré les quatre musiciens d’Hoax Paradise dans le bar secret du Badaboum. 

 

 

Depuis quand le projet existe-t-il ?

JC : Alors l’essence d’Hoax Paradise est née en 2012 avec Laura et moi. On venait d’un autre projet et on a fondé Hoax Paradise et c’est seulement cinq ans après qu’on a trouvé la vraie formation. Du coup la formation actuelle date de 2017. Il y a eu un projet long en réflexion pour arriver à cette formation-là.

D’ailleurs, comment vous êtes-vous rencontrés ?

Laura : Alors c’est un peu le karma de la vie, en gros Babou je le connais depuis douze…

Barron : Ça fait quinze ans.

Laura : Ça fait quinze ans qu’on se connaît, en fait on prenait des cours de gratte ensemble. Et je l’ai perdu de vue car Monsieur a décidé d’aller vivre à Toronto… Et je l’ai recroisé dans la ligne 14 il y a quatre ans, un truc comme ça. Ça faisait des années qu’on ne s’était pas vus et je lui ai dit : « Est-ce que tu fais toujours de la zic, tu fais toujours de la batterie ? Est-ce que tu peux juste passer un test ? »

Barron : Parce que j’avais déjà vu l’annonce pour un batteur…

Laura : Ouais et Babou était fan de nous avant et…

Barron : Je suis un fan qui devient musicien du groupe !

Laura : JC on s’est rencontrés pour jouer de la musique à la base. Et Thibaud on a changé de guitariste, on a passé des auditions, pas mal de mecs… et en fait quand on est tombés sur Thibaud par un ami que j’ai en commun…

Thibaud : Malik !

Laura : Ah bah oui bah Malik, ça faisait super longtemps que je l’avais pas vu et je lui ai juste dit : « Voilà je cherche un gratteux » et il m’a parlé de Thibaud. On a vu d’autres mecs un jour, Thibaud était le dernier et en vingt minutes pour moi c’était clair.

Thibaud : En fait à la base c’était autour d’un verre qu’on a discuté. Ils ont dit un truc qui n’était pas bête : « Autant qu’on voit d’abord si ça se passe bien humainement autour d’un verre et après comme ça on sera à l’aise pour la répète. »

Laura : Et pour te dire on a picolé jusqu’à la fin.

Thibaud : On a fait la fermeture du bar. On s’est bien entendus.

Well, Nobody’s Perfect est-il votre premier opus ?

JC : Ouais, on a eu un premier album sous l’ancienne formation. Pour nous c’était vraiment l’ancienne formation et une autre vision du projet. Du coup Well, Nobody’s Perfect on le présente comme notre vrai premier EP sous cette formation-là et on va tous les quatre dans la même direction. En gros quand on s’est tous rencontrés on s’est directement enfermés dans un studio pour composer pendant deux mois et ça a fini par faire l’EP qu’on a sorti là début mai. Ça a vraiment cristallisé le projet en fait.

Justement, depuis sa sortie vous avez eu l’occasion de vous produire à Lille, Bourges et Paris, comment ça s’est passé ? 

Barron : C’était très bien ! Bourges c’était juste fou, les gens remplissaient la rue et mangeait. Les gens passaient, chantaient, faisaient des coucous ! Pour Lille…

JC : Pour Lille, on a vraiment fait deux versions : il y avait un concert normal et un concert acoustique le lendemain. Le premier concert était…

Barron : C’était super mais le concert du lendemain !

JC : C’était invraisemblable !

Barron : On a dû jouer peut-être cinq ou six fois nos morceaux.

JC : On devait jouer à peu près trois quart d’heures, notre set. On a commencé à 22 h 30 et on a fini à 2 h 30.

Thibaud : Parce que c’était un samedi, ils nous ont dit que les gens arrivaient à partir de 22 h 30 et en fait il n’y avait personne.

JC : C’est un pub en fait. Et l’avantage c’est que c’est un ami qui le tient. Et, au fur et à mesure, les gens arrivaient, du coup on a décidé de continuer à jouer et à chaque pause on avait un shot. On allait trinquer avec tous les gens du public avant d’attaquer un morceau.

Laura : Ouais, mais en gros, ce que je pense à chaque fois, que ce soit à Lille ou à Bourges ou à Paris, c’est assez impressionnant de voir que l’ambiance est toujours hyper bonne et que l’accueil des gens est ouf en fait ! D’autant plus quand on va dans des villes où on n’habite pas, on a moins de fanbase, même si ça commence à grossir pas mal dans certaines villes, mais c’est de se dire qu’en fait, les gens sont au taquet. Nous, au bout de la deuxième chanson qu’on avait déjà rejoué deux fois [à Lille], je me dis les mecs ils vont en avoir marre et ils étaient en mode « Non refais la ! ». Bah on va la refaire alors, d’où l’idée de jouer quatre heures mais on n’était pas du tout prêts à ça. Et à chaque fois c’est comme un film différent mais les gens sont toujours là. C’est ça qui est cool et l’ambiance est toujours overbonne ! Et Bourges c’était impressionnant aussi parce que c’était notre deuxième et à chaque fois qu’on y retourne on voit toujours le groupe avancer dans son développement, c’est des plus grosses scènes, des trucs plus importants… Paris on y est, on y vit, c’est différent. Tout est bon en fait !

Justement, j’ai vu que vous aviez joué à Lille et que vous aviez organisé un concours. Vous avez joué chez quelqu’un ?

JC : Ouais, on avait commencé à faire ça en décembre, on a fait une opération Noël ! On a fait gagner un concert acoustique chez quelqu’un et on a vu que ça a marché. Du coup on s’est retrouvés dans une agence, ce n’était pas prévu mais c’était quelqu’un qu’on connaissait…

Laura : Mais on l’avait vraiment tiré au sort.

JC : Et en fait on s’est retrouvés dans son agence avec tous ses collègues qui étaient là. Et à Lille on a relancé le truc mais là on l’a vraiment fait en privé. Ça reste dans le côté intimiste qu’on veut garder pour ce petit projet-là. Donc à chaque fois qu’on se déplace dans une ville, on essaye de faire un concert chez quelqu’un qu’on tire au sort. D’une, tu peux rencontrer des gens hyper cool et de deux il y a ce côté hyper intime, tu peux créer une bulle avec les gens qui te suivent.

Vous avez déjà trois clips (4 avec le double « Les Garçons ») à votre actif pour un seul EP, est-ce que c’est important pour vous l’image et l’aspect cinématographique ?

Laura : Alors forcément oui, par rapport à nos sensibilités de chacun en fait parce que, pour ma part, en écrivant j’ai déjà des images dans les yeux car je m’inspire de films, de sentiments ou de situations. Comme je disais pour les différentes villes, je pense que c’est un peu pareil pour un clip en fait tu rentres vraiment dans une atmosphère qui est bien propre à ce morceau-là, donc tu as envie de mettre une image dessus. Après il y a aussi le truc où ouais l’image pour nous c’est hyper important, j’ai fait des études de direction artistique donc c’est quelque chose qui me touche énormément. Les garçons c’est pareil, ils ont une culture de l’image qui leur est propre aussi. Donc l’idée, je vais encore parler comme une pubarde, c’est d’avoir un truc un peu impactant parce qu’on voit tellement de choses… Et puis en vrai tu n’existes pas si tu n’as pas d’image. Maintenant, là on est en 2019 demain en 2020, si tu n’as pas d’image tu n’existes pas. C’est à la fois terrible et à la fois hyper intéressant. Quand tu écris un morceau tu te dis que tu vas aller jusqu’au bout et que tu vas vraiment mettre une image sur toutes ces choses-là et on ne peut pas s’en empêcher. Et justement tu as besoin d’avoir une image forte à ce moment-là.

JC : C’est essentiel et il faut garder à l’esprit que tu restes un objet musical, donc pour être vendeur si tu n’as pas le bon « emballage », le terme est un peu grossier et vulgaire là, mais mine de rien c’est ce qu’on voit en premier. Le fait de voir les choses permet d’avoir plus de clés pour comprendre le projet. En plus, on réalise tous nos clips nous-mêmes donc on se garde la possibilité de raconter ce qu’on veut justement. On a travaillé avec un ami qui s’appelle Adrien Mazeau pour « Sober » seulement où on a laissé la réalisation à quelqu’un mais après on reste maîtres de la prise d’images parce qu’on aime être sûrs de ce qu’on donne.

 

 

À ce sujet, j’ai l’impression que vous faites tout, tous seuls, du booking à la communication en passant par le studio, est-ce volontaire de votre part d’adopter cette démarche DIY ?

JC : On n’est pas tout à fait tous seuls en vérité. Pour le booking, oui, pour l’instant comme pas mal de projets à notre échelle, c’est la croix et la bannière mais t’es obligé d’y passer surtout actuellement. Un projet musical, s’il ne voit pas à 360 degrés en 2019, c’est compliqué pour lui de briller car c’est comme ça que ça marche. Parce que là avec les outils qu’on a sur Internet et tout ce qui va avec, chacun peut le faire vraiment soi-même. En revanche on a une équipe pour le studio, on a notre directeur artistique, notre réalisateur d’EP. Mais on a la démarche pro de label, c’est nous qui allons chercher notre réal’ d’EP qui lui après va nous trouver le studio.

Thibaud : C’est Sébastien Tanquart, c’est un coach de groupe.

JC : De base, il est coach de groupe mais sur notre EP il était réalisateur d’EP. Du coup pour la création de l’EP, on est entouré, on met notre création dans les mains de professionnels et forcément en tant que compositeurs on a cet aspect pro là aussi. Mais techniquement, nous, on n’aurait pas pu créer un EP aussi qualitatif avec nos connaissances en enregistrement studio. Il fallait vraiment qu’on aille chez quelqu’un qui sait le faire et c’est pour ça qu’on est allés dans le studio des Stuck in the Sound car ils le font très bien.

Du coup au niveau de la com’ vous faites ça tous seuls ?

Laura : Ouais, en fait ce n’est pas excessivement compliqué car on a un peu des idées à la minute. Tout le délire sur le calendrier de Noël, c’était en deux minutes qu’on s’est dit : « Allez on fait un calendrier, on fait des trucs marrants dedans, vas-y on essaye ! ». Et en fait on délire tellement entre nous qu’on a décidé de faire des tutos pour des gâteaux, des tutos make-up, enfin j’ai maquillé JC ! On délire comme des gosses on essaye de faire un truc qui sorte de l’ordinaire tout en étant nous. Et comme on est toujours sur ce côté : on est sérieux mais on déconne quand même, on joue sur cette fameuse dualité. On aime beaucoup travailler là-dessus, et toute la com’, tous les clips sont réfléchis de ce point de vue-là.

JC : Et encore une fois, à l’heure actuelle, on n’est pas obligés de savoir le faire mais ne pas savoir le faire c’est vraiment préjudiciable et tu ne peux pas pousser le projet. Puis nous, tu vois, on tombe dans le truc où on adore faire ça, c’est un jeu, la communication c’est de la science humaine. Donc savoir que tu touches les gens avec tes mots donc bien choisir tes mots, le ton, c’est hyper gratifiant de voir que ton boulot a un écho. Il a un écho car ce que tu dis est repris, on est contents car la fanbase grossit juste parce qu’on lui parle avec sincérité, il n’y a pas de filtre et c’est pour ça qu’on communique nous car on veut garder cette maîtrise de notre discours, de notre projet car il n’y a rien ni personne de meilleur que nous pour en parler.

 

 

BONUS :

Pour chacun de vous, quel est le dernier artiste que vous avez écouté ?

Laura : Le dernier que j’ai écouté ? Attends c’est peut-être la honte ! En vrai, c’est parce que j’étais très très heureuse. Je fais du teasing mais en fait on prépare plein de choses pour la fin de l’année et on prépare 2020, on a un enchaînement de plein de belles étoiles qui arrivent. Et j’avoue, hier, avant de rejoindre des potes au FGO, je suis sortie de ma douche et j’ai écouté les Pussycat Dolls, « I don’t need a man », et j’étais à poil en culotte. Mais après je suis allée voir un concert et j’ai écouté STEVE AMBER et ça claque bien, voilà, c’est le dernier truc que j’ai écouté.

Barron : Pour ma part, j’écoute des enregistrements qu’on a fait en concert… Je pense les Foo Fighters, l’album There is Nothing Else to Lose, j’aime bien écouter des albums en entier.

JC : Moi c’est, c’est grâce à KAO, ce sont des frangines qui s’appellent A-WA et elles sortent leur premier album là qu’elles ont pitché avec deux titres que j’écoute en boucle !! C’est des Israëliennes qui sont baignées dans leurs influences yéménites et berbères.

Thibaud : Ah écoute moi c’était PNL, une vieille en plus c’est « DA ». Dans la rue j’aime bien écouter PNL. En vrai j’ai bien aimé « Au DD », j’aimais pas ce qu’ils faisaient avant. Et en fait maintenant je trouve que c’est vachement bien. Des fois quand j’ai une chanson en tête je ne l’aime pas trop mais j’ai envie de l’écouter et je finis par l’aimer. Je trouve que leurs prod’ sont très cool.

Est-ce que vous avez une anecdote de concert à me raconter ?

JC : La dernière en date, c’est Lille, c’était un ovni d’arriver, de jouer quatre heures, de se faire servir des shots, de trinquer avec tout le monde…

Laura : Il y a eu ça et il y a eu Bourges aussi où j’ai cassé la scène. Mais j’ai pas fait exprès. Parce qu’en fait la scène était en bois puis je me beaucoup trop ambiancée, je me suis mise à sauter et en retombant au sol j’ai juste senti la scène qui a fait : « Boum » et j’ai fait genre « OK ». Et un autre truc aussi, à Lyon en festival, en face de moi il y avait un mec avec une bouteille de vodka et un t-shirt sale en mode : « Ouais, faites du Nirvana !! ». Je ne savais pas trop comment réagir et à un moment je décide de descendre dans la fosse à la rencontre des gens mais je l’avais oublié. Et en fait je fais mon truc et sur le coté de loin je vois arriver un truc en courant, bouteille à la main, le gros t-shirt qui se balade comme ça et la scène était assez haute, j’étais encore en train de chanter mais je me suis mise à sauter sur la scène, à me rattraper comme ça. Notre ingé son après m’a dit : « Je ne sais pas comment tu as fait, mais vu de là où j’étais tu te mangeais la scène dans la gueule ! ». Et ce qui est le plus drôle c’est que dans le micro tu m’entends pousser un petit cri, je fais « Ah ! » en mode aigu. Je sais pas comment j’ai réussi à faire ce saut…

Thibaud : Il voulait te faire boire en plus, c’était pas méchant !

Laura : Ouais mais tu le vois pas arriver, il arrive tu fais : « Oh putain ! »

JC : Il était chaud !

Quelles sont vos prochaines actualités ?

JC : On joue le 7 juin au Bus Palladium avec les amis de The Flying Bricks et Bounce4. Techniquement ce sera notre dernière scène parisienne avant de revenir à la rentrée. En revanche on participe aussi au tremplin Firestone avec, on croise les doigts pour être en finale, le 27 juin au Badaboum. Si on arrive à la finale et qu’on arrive à gagner en finale, on gagnerait un concert à Rock en Seine. Et après, au delà de ça, cet été on compose toujours car cet EP-là on le fait vivre mais s’arrêter de composer ce n’est pas l’idée, on a quand même un autre EP en tête dans la besace, on est déjà dessus quoi.

Laura : On vous prépare plein de surprises pour la rentrée !

 

Pour plus de renseignements sur Hoax Paradise, rendez-vous sur Facebook, Instagram, SoundCloud, YouTube et Twitter. Le groupe sera en concert vendredi 7 juin au Bus Palladium !

 

Propos recueillis par Adeline Dupriez

 

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