En tête-à-tête avec Seabuckthorn, le remède musical

Andy Cartwright alias Seabuckthorn a quitté son Angleterre natale pour parcourir le monde, équipé de sa guitare et des idées plein la tête. Après huit albums de musique instrumentale, son nouvel opus A house with too much fire nous emmène au cœur des Alpes françaises. Nous l’avons rencontré pour qu’il nous présente son dernier projet.

 

Seabuckthorn © Valerie Tortolero

 

Salut Andy ! Nous ne te connaissons pas très bien chez Lost Song. Pourrais-tu te présenter un peu ?

Bien sûr. Je m’appelle Andy Cartwright alias Seabuckthorn. Je suis guitariste et je joue de la guitare en picking ou avec un archet, en utilisant différents réglages. Les sons qui en résultent tendent vers la cinématique, le drone, voire vers le psychédélique. Voilà !

Tu joues de la guitare avec un archet ? Comme un violoniste ?

Oui ! Je joue de l’archet avec ma guitare depuis un petit moment maintenant. En particulier ces dernières années et pendant que je travaillais sur mon nouvel album.

Car sur Turns (le précédent album de Seabuckthorn, ndlr), tu faisais principalement du picking, c’est ça ?

Oui. Tu sais, c’est un processus naturel. Ça fait longtemps que je joue de la guitare. Et après dix ans de picking… Cette méthode est devenue un poil obsolète pour moi aujourd’hui. Elle s’est certainement essoufflée, je pense. D’où l’utilisation de l’archet, qui génère en moi une émotion particulière. Avec ce qu’il faut d’effets, le son produit peut être très large, un peu comme une explosion. Je joue plus souvent de l’archet à la maison et je suis plutôt en picking lors de mes représentations. C’est une évolution pour moi. J’apprends à grandir avec.

Est-ce que tu dirais que l’utilisation d’un archet était la méthode la mieux adaptée pour t’exprimer sur ton nouvel album ?

Oui, certainement. J’utilise plus l’archet sur A house with too much fire que sur mes précédents albums.

C’est ton neuvième album, maintenant. Penses-tu évoluer en même temps que ta musique ?

Dans un certain sens, oui, peut-être. Turns était un album multi-pistes, avec beaucoup de superpositions d’instruments. Je voulais que A house with too much fire se restreigne au minimum : une guitare qui s’exprime et qui partage différentes atmosphères… Je reviendrai peut-être au multi-pistes pour mes futurs albums.

 

 

Quand on écoute A house with too much fire, on est littéralement captivé du début à la fin par des morceaux comme « Inner » ou « Sent in by the cold ». Comment fais-tu pour captiver ainsi l’attention de ton auditoire lorsque tu crées ta musique ?

Je pense que tout est une question d’équilibrage. Les processus d’enregistrement et de création d’album sont difficiles. C’est très difficile pour moi de figer dans le marbre mes morceaux et de les laisser vivre d’eux-mêmes. C’est un poil cathartique !

Tu es un peu perfectionniste, non ?

(Rires) Je ne prétends pas être parfait ! Quand je crée un album, il peut y avoir beaucoup d’imperfections qui restent dans les enregistrements, mais je m’efforce à ce qu’il sonne juste. Ça doit sonner juste si je souhaite pouvoir le diffuser. Ça peut devenir un vrai challenge parfois, aussi c’est une bonne chose que je prenne mon temps pour ça.

Tu es un artiste solo et ça fait un moment que tu joues seul maintenant. Ça ne t’intéresserait pas de jouer dans un groupe ?

En réalité, je joue seul plus par praticité. Je suis livré à moi-même quand je fais de la musique. Du coup je ne suis pas lié à d’autres musiciens. Cela me donne la liberté d’enregistrer ce qui me plaît. Il y a aussi le fait que je bouge beaucoup pour mes projets. C’est assez dur pour moi de m’installer quelque part et planifier des choses avec un groupe.

L’argousier (« Sea Buckthorn » en anglais, ndlr) est une plante avec de nombreux effets médicinaux. Pourquoi as-tu choisi le nom de cette plante comme nom d’artiste ? Y a-t-il un lien avec ta musique, qui peut soigner les maux de l’esprit ou quelque chose du genre ?

Oui, l’argousier est un super fruit. Il peut guérir beaucoup de choses, mais ça a un goût de merde ! Quant au pseudo, j’aurais pu utiliser mon nom pour mon projet. Mais j’aime bien l’idée de me cacher derrière un autre nom. Et Seabuckthorn sonnait plutôt pas mal.

 

© Gundula Blumi/Valerie Tortolero

 

Et qu’en est-il de A house with too much fire ?

Et bien, c’est lié à l’endroit où nous avons enregistré l’album (Veynes, dans les Alpes du Sud, ndlr). En hiver, Il faisait souvent froid à la maison pendant l’enregistrement. Du coup, le foyer était toujours allumé. D’où A house with too much fire (Une maison avec trop de feu, en français, ndlr).

Ta musique a des couleurs drone. Elle est assez mystérieuse et semble tout droit venue des montagnes. Il y a quelque chose de cinématique dedans. Tu ne serais pas intéressé par faire de la musique de films ?

Tu parlais plus tôt de faire partie d’un groupe, non ? Quand tu travailles avec un réalisateur, c’est un peu la même chose. Il y a quelques années, je me suis rendu compte que je pouvais utiliser certaines de mes musiques pour illustrer des films et des documentaires. C’est quelque chose de nouveau pour moi. Je commence à peine. Ce n’est pas si simple de faire de la musique de films. C’est un secteur très compétitif.

A house with too much fire doit sortir en juin. C’est quoi la suite ?

Le mois de juin va être assez fou pour moi. J’ai une petite tournée qui doit bientôt commencer. Je jouerai à Paris et dans le nord de la France, puis en Belgique.

Quel est le morceau que tu écoutes le plus ces derniers temps ?

J’écoute l’album The Shape of the dance du groupe Tomaga.

Si tu devais choisir ta Lost Song, un morceau qu’il faudrait absolument écouter, ce serait quoi ?

Je ne sais pas si tu connais le groupe Godspeed You! Black Emperor ? Je choisirais le morceau « Bosses Hang » de leur dernier album Luciferian Towers. C’est un morceau séparé en trois parties.

 

 

Pour plus d’infos sur Seabuckthorn, rendez-vous sur son site officielFacebook et SoundCloud. A house with too much fire sortira le 1er juin chez Bookmaker Records / La Cordillère.

 

Article rédigé par Jonathan Kakpeyen

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *