Dans la tête de Real Estate avec « In Mind »

Sorti le 17 mars dernier chez Domino, le quatrième album des américains de Real Estate nous donne une nouvelle perspective du groupe.

 

In Mind - Real Estate (2017)

 

S’il y a bien une valeur sûre à retenir de la scène internationale pop indé de ces dernières années, c’est sans aucun doute vers Real Estate qu’il faut se tourner. Après quelques années d’absence depuis son dernier album Atlas, sorti en 2014, le départ de son guitariste historique Matt Mondanile pour former Ducktails et un album solo de Martin Courtney, son frontman, le groupe est de retour avec un album plus chaleureux et groovy.

Premier single extrait de l’album, le titre Darling est une chanson rétro groove dont le rythme entêtant ne s’oublie pas si facilement avec son synthé et son riff de guitare accrocheur. La voix de Martin Courtney résume parfaitement le côté « lover » de cette chanson au titre évocateur.

 

 

Le côté réflexif de la chanson Serve the Song emboutit le quatrième mur. De sa voix suave et posée, Courtney installe la scène où le rythme chaloupé de la basse et l’effet wah-wah de la guitare saturée nous offrent un titre accueillant et chaud.

I woke up Sunday morning

Back where I belong

The call is only into us

I sing to serve the song

Avec ses airs de chanson de Noël, le titre Stained Glass nous emmène dans une échappée belle, joviale et lumineuse.  Le titre est parfait pour nous mettre de bonne humeur, tout en douceur.

 

 

Dans After the Moon, le groupe nous envoie dans l’espace à travers une valse câline et paisible. Les balais de la batterie, la voix susurrée de Courtney ainsi que les guitares nous font imaginer des paysages lunaires et romantiques. Sa fin sur un beat hip-hop nous permet de sortir doucement de la rêverie de la partie principale.

Two Arrows est un titre à part entière sur l’album. Déjà de par sa longueur : 6’51 ! Mais surtout de par sa construction. Le morceau débute comme Real Estate sait bien le faire : un rythme carré, de beaux arpèges de guitares et un chant qui nous calme, bien que les refrains le soient un peu moins. Un thème vient casser cette eau qui coule en toute quiétude, puis la musique reprend, toujours aussi calme… Mais pas pour très longtemps ! Le thème prend le pas, incessant et répétitif, gagnant en puissance et en saturation, pour plus de trois minutes de délire psychédélique. Excellent !

On reprend peu à peu nos esprits avec White Light, une balade acoustique positive, typique du style Real Estate.

Holding Patterns est certainement le morceau le plus représentatif d’In Mind : l’ambiance soul/groovy y est bien présente. Et pourtant, on reconnaît bien là la patte du groupe. Dans une ambiance « gueule de bois », Courtney et ses compères nous apportent ici un titre à la fois rétro et contemporain, bien ficelé et dont le thème est reconnaissable.

Une autre des caractéristiques reconnaissables de cet album est l’utilisation de boîtes à rythmes, de synthés et d’effets de guitares divers et variés, qui viennent étoffer la panoplie de Real Estate. Et c’est exactement ce qu’on retrouve sur le titre Time, qui nous berce et nous transporte vers d’autres horizons.

Toujours dans des tonalités plus country, le morceau Diamond Eyes est une bulle de positivisme tout droit venu du Texas ! Avec sa voix profonde, le bassiste Alex Bleeker prend les rênes et nous amène en direction du Far West. On imagine bien les Stetsons et les bottes, tandis que la batterie et la basse nous montrent la voie vers des contrées sauvages.

Same Sun est le second titre qui nous a le plus plu sur In Mind. Le riff trémolo de la guitare lead ainsi que la section rythmique qui balance nous donnent envie de taper du pied en rythme, tout en sifflotant nonchalamment le thème. Le refrain est une bouffée d’oxygène lorsque la voix de Courtney s’élève, accompagnée par des chœurs au timbre cristallin.

Enfin, un piano nous annonce le début de la fin. Saturday clôt l’album en puissance, sur une note mélancolique et un solo de guitare final pêchu.

 

Real Estate
Ebru Yildiz

 

Avec In Mind, Real Estate s’assure une place confortable sur la scène indé internationale. Le groupe a toujours su évoluer avec son époque et nous présenter différentes facettes de son talent. On regrettera tout de même l’absence de Matt Mondanile sur certains titres de cet album, son jeu de guitare surf ayant porté des morceaux comme Pool Swimmers, Crime ou Out of Tune. Mais la nouvelle formule Real Estate marche et le groupe prend tranquillement ses marques parmi ses pairs.

 

Plus de Real Estate sur le site officiel, la page ou la chaîne du groupe. Et amusez-vous comme des enfants en coloriant vous-même le clip de Stained Glass !

 

Article rédigé par Jonathan Kakpeyen

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