Beach Fossils vous retourne le cerveau avec « Somersault »

L’été est bien là ! Enfin presque. Du moins, c’est ce que nous annoncent les new-yorkais de Beach Fossils avec leur dernière sortie Somersault, parue en début de mois sur le label Bayonet Records.

Beach Fossils est surtout connu pour ses chansons indie pop rétro avec des influences entre shoegaze et surf music. Mais sur Somersault, c’est un total revirement de style vers des tonalités plus pop (voire hip-hop) que nous propose la bande de Dustin Payseur.

L’album s’ouvre sur This Year, qui annonce la couleur : les guitares acoustiques, la mélodie de la basse et les violons nous introduisent à une nouvelle facette de l’univers de Beach Fossils. Les légers riffs de guitares couplés et le duo de voix finissent de nous convaincre du charme et du positivisme de cette ouverture. Et un sourire s’esquisse…

Le groupe s’offre le luxe de se payer Rachel Goswell de Slowdive sur la chanson Tangerine. Réelle bulle de fraîcheur et de détente, le morceau reprend guitares acoustiques et violons sur une batterie rythmée et dansante.

 

 

Saint Ivy poursuit la balade champêtre et nous présente une batterie hip-hop solide ainsi qu’une basse ronde, qui conduit tout le morceau, accompagnée une nouvelle fois de violons et d’une flûte. La fin instrumentale nous donne l’impression d’être allongés dans l’herbe, tandis que les guitares post-Woodstock viennent résumer l’ambiance du morceau. Un régal.

On retrouve sur May 1st l’impression de vacances qui caractérise Somersault. La basse profonde ouvre le morceau, entraînant avec elle le beat dansant et la double voix, qui nous emporte lors du refrain : « Sun goes down/Time goes on ». La tonalité résolument surf de cette chanson nous rappelle les morceaux de Real Estate. Le slam du rappeur Cities Aviv vient boucler la boucle sur fond de saxophone romantique avec Rise.

Sugar est un véritable morceau pop. La mélodie d’ouverture du titre est une bouffée d’air frais qui nous emporte dans son élan. La voix mystique de Dustin Payseur, les guitares chorusées et les violons nous maintiennent en flottaison, tandis que la section rythmique avance et nous montre le chemin tout du long. On en redemande !

 

 

Avec ses faux airs de Sowing the Seeds of Love de Tears for Fears, Closer Everywhere est un morceau tout en suspens, aérien, avec son clavecin caractéristique et l’intervention une nouvelle fois de violons, également piqués ici sur la fin, ce qui lui donne une identité particulière.

Prenons cinq minutes de notre temps et étendons-nous au sol, dans l’herbe, à observer les passants et les conversations alentour, la tête dans les nuages. Les bruits de discussions nous parviennent sans jamais vraiment distinguer la nature des conversations. Cette impression de distance, d’observation est parfaitement retranscrite dans Social Jetlag, la petite pause réflexive de l’album. Comme une fin d’après-midi au coucher de soleil, la basse accompagnée d’un piano et d’une flûte nous dessinent un portrait plutôt mélancolique, sans tristesse.

Down the Line est un rappel de ce que l’on connaît de Beach Fossils : la section rythmique entraînante et les petits riffs de guitares, à la façon de The Cure, nous assurent que le groupe ne s’est pas écarté de ce vent de mélodies pop. Malgré le discours de Payseur sur le refrain « These days I feel like I do nothing right, so come with me and we’ll go down the line », ce morceau s’intègre très bien aux autres morceaux de l’album.

Beach Fossils nous invite au néant avec Be Nothing. Ce morceau débute, telle une procession cérémonieuse, avec une lourde basse, de grosses percussions et des accords de guitare lâchés. La mayonnaise prend peu à peu pour nous amener à un véritable décollage – plus énergique, presque punk, mais avec cette énergie positive qui en émane – avant d’atterrir, tout en douceur.

Enfin, comme pour annoncer la fin d’un programme télé, la chanson That’s All For Now conclut efficacement l’album.

Si, comme nous, vous cherchiez à retrouver les ambiances lo-fi/shoegaze des précédents albums de Beach Fossils sur ce troisième opus, c’est raté ! Évidemment, cela peut surprendre et même peut-être décevoir d’écouter un album aussi bien léché et produit que Somersault, qui contraste radicalement avec des morceaux auxquels nous avait habitué le groupe tels que Youth ou Sleep Apnea. Cependant, en bon grower, les écoutes successives de cet album réussissent à nous convaincre du pari fou qu’a pris le groupe, sans doute désireux de ne pas finir isolé dans le style qui l’a défini. Et ça marche !

Sur des mélodies plus pop, des compositions plus classiques, le groupe nous prouve qu’il est bel et bien un groupe d’indie, sans renier son côté rock, tout en conservant des traits de caractères particuliers comme la voix du frontman Dustin Payseur et les guitares surf. Plus clair et aéré que son prédécesseur, Somersault nous apporte un vent de bonne humeur et de détente, comme une journée au soleil en charmante compagnie. Alors faites comme nous et tentez le saut périlleux !

 

Pour plus de renseignements sur Beach Fossils, rendez-vous sur le site officiel, la page ou la chaîne du groupe. Prochaine date française : le 25 août à Rock en Seine. 

 

Article rédigé par Jonathan San

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