Back to The Great Escape Festival 2018 – Halo Maud

 

À quelques mois de l’édition 2019 du Great Escape Festival qui se tient chaque année à Brighton en Angleterre, nous vous proposerons dans ce dossier les interviews de trois artistes/groupes que nous avons eu l’occasion de rencontrer lors de l’édition 2018 du festival.

 

 

Nous ne présentons plus Halo Maud, le riche projet de l’artiste française Maud Nadal qui nous a longuement accompagné tout au long de l’année passée. Nous avons eu l’occasion de la rencontrer le 17 mai 2018 lors d’une interview avant son concert au Sticky Mike’s Frog Bar.


Bonjour et merci de nous rencontrer, malgré ton emploi du temps chargé ! Qu’est-ce que ça te fait d’être ici à Brighton pour le Great Escape Festival ?

C’est à la fois excitant et stressant ! J’ai un petit côté agoraphobe, mais en même temps c’est très cool d’être ici. C’est une chance pour une artiste française. L’idée c’est que ça m’ouvre des portes pour faire d’autres concerts en Europe.

Est-ce que tu penses que The Great Escape Festival puisse être une vitrine pour toi ?

C’est un peu l’idée du festival, je pense. Beaucoup de gens du milieu musical viennent, notamment des programmateurs. Ça peut être une bonne occasion.

Bravo à toi pour cette opportunité ! Car il s’est passé du chemin depuis tes débuts : chez Lost Song, on a eu l’occasion de te voir au Hasard Ludique seule sur scène en février 2016 ou encore en groupe en première partie d’Ulrika Spacek au Point Éphémère fin 2017.

Oui. Le concert au Hasard Ludique était exceptionnel. C’était un peu l’idée de l’événement, j’avais envie d’essayer. Mais je crois que ça ne me convient pas. Je préfère être dans le son, jouer avec d’autres musiciens. Ce qui se passe entre nous compte beaucoup pour nous. C’est un peu ce qui fait que j’aime la scène : la partager avec un public et des musiciens.

Qui sont tes musiciens ? Pourrais-tu nous les présenter ?

Il y a Olivier Marguerit au clavier, qui a son propre projet O. À la batterie, c’est Stéphane Bellity aka Ricky Hollywood, qui vient récemment de sortir un EP [L’aventure intérieure, sorti le 11 mai 2018 chez Futur Records]. Et à la basse, c’est Vincent Mougel dont le groupe s’appelle Kidsaredead. Tous sont auteurs, compositeurs, interprètes et brillants musiciens.

 

 

Tu as signé chez Heavenly Recordings. Comment s’est passée la rencontre avec le label et comment ça se passe avec eux depuis ?

Je les ai rencontré par le biais de Sébastien Dehesdin, qui est journaliste chez The Line of Best Fit, mais qui fait plein d’autres choses, notamment de la vidéo. C’est d’ailleurs lui qui a réalisé le clip de mon titre « Du Pouvoir ». Il a envoyé mon disque à Heavenly et c’est comme ça que ça s’est fait. Depuis, je suis ravie car je travaille avec des passionnés de musique qui ont compris là où je voulais en venir. Ils ont pris mon projet tel qu’il est et ils y croient, avec toutes les expérimentations et la liberté de création que j’ai pu y apporter.

Comment te sens-tu en tant qu’artiste française ici au Great Escape Festival ?

Il y a de nombreux autres artistes français au Great Escape Festival notamment Aquaserge, que j’aime beaucoup. J’ai un peu l’impression de faire partie d’une famille.

Ça fait un moment que tu travailles sur ton projet, qu’on a souvent pu comparer à celui de Melody Prochet. Que penses-tu de cette association ?

Plein de choses et rien à la fois ! C’est drôle car Melody est l’une de mes meilleures amies. J’ai déjà joué dans Melody’s Echo Chamber il y a longtemps et elle m’a également accompagné à un moment. On a fait beaucoup de musique ensemble, on a beaucoup d’influences communes. On est françaises, brunes avec une frange (rires). C’est même plutôt flatteur pour moi car j’adore ce qu’elle fait.

Oui, vous avez quand même certaines similarités !

Bien sûr ! Après, quand on est complètement dedans, la tête dans la musique, on devient peut-être un petit peu trop pointu. Mais quand on prend du recul, évidemment qu’on est dans la même famille musicale. C’est un plaisir, en fait.

 

© Adeline Dupriez

 

Quelles sont tes influences ?

Il y a plusieurs choses. Il y a les artistes qui m’ont donné envie de faire de la musique : Blonde Redhead, Sonic Youth, Radiohead, PJ Harvey… Des choses plus récentes comme Grizzly Bear ou Dirty Projectors. Et il y a des choses qui sont venues au moment de faire le disque, comme le guitariste expérimental Fred Frith. Une chanson porte son nom sur le disque d’ailleurs. Au niveau des textes également, Serge Gainsbourg ou encore Dominique A.

Tu as pioché dans tout ça pour créer ta musique, ou inconsciemment ça t’a influencé ?

Oui, il y a des choses très conscientes, comme quand j’ai découvert Dominique A. C’est un peu le premier artiste français chez qui j’ai découvert une façon différente de faire de la chanson française. Après, il y a plein de choses un peu plus souterraines qui m’ont nourri : de l’art pictural, des podcasts que j’écoute, sur la vie d’artiste notamment ; comment les artistes vivent leur vie. Ça m’influence aussi certainement.

Quels sont les sons que tu écoutes dans ton lecteur en ce moment ?

J’écoute beaucoup Deerhoof. C’est un peu mon obsession du moment. Je les ai vu en concert récemment au Trabendo à Paris [le 12 mai 2018]. C’est vraiment l’un de mes groupes favoris. C’est incroyable ce qui ce passe sur scène avec ce groupe. J’écoute aussi beaucoup un groupe américain appelé Palm, que je trouve génial. Aussi pas mal le dernier Grizzly Bear [Painted Ruins, sorti le 18 août 2017 chez RCA Records].

Et si tu avais une chanson ou un album que tu aimerais que les gens découvrent, écoutent et connaissent, qu’est-ce que tu choisirais ?

(Rires) J’en ai trop ! Ce serait difficile de choisir.

 

 

Retrouvez Halo Maud sur son site officielFacebookBandCamp et YouTube. L’album Je suis une île est toujours disponible en écoute sur toutes les plateformes.

 

Article rédigé par Jonathan Kakpeyen

 

 

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