Back to The Great Escape Festival 2018 – Aivery

 

Dernier volet de notre série d’interviews réalisées lors du Great Escape Festival 2018 ! À l’affiche : le trio Aivery, sauvage et plein d’énergie !

 

© Adeline Dupriez

 

Originaire d’Autriche, le girl band punk rock Aivery s’est bien amusé à retourner les pubs de Brighton de jour comme de nuit, pour le plus grand plaisir du public du Great Escape Festival. Nous avons rencontré les trois compères le 18 mai en début d’après-midi à la terrasse du bar The Prince Albert.


C’est cool de pouvoir vous rencontrer, les filles ! On est très honoré car on apprécie beaucoup votre musique et on voulait absolument vous rencontrer toutes les trois !

Franziska Schwarz : Enchantée ! On est aussi très honorées.

Aurora Hackl Timón [aka Terrora Primera du groupe Mekongg] : C’est un plaisir.

Jasmin Rilke : Aurora ci-présente est une amie. Elle a acceptée de prendre la route du Great Escape Festival avec nous, comme Doris [Zimmermann, batteuse du groupe] ne pouvait pas venir à Brighton.

Il est 13 heures à ma montre. Comment vous sentez vous avant votre concert à venir ici au Prince Albert ?

Jasmin : C’est vraiment très bizarre car il est tellement tôt. Je crois qu’on n’a jamais joué l’après-midi avant !

Franziska : Mais on a joué une fois une heure plus tard je crois. Pour l’instant, ça va. On est un peu fatiguées mais on ne se sent pas nerveuses du tout. Vous êtes stressées les filles ?

Jasmin & Aurora : Pas du tout.

Eh bien, c’est une expérience ! Peut-être que vous aurez envie de jouer plus souvent les après-midi après ça ?

Jasmin : Je n’aurais plus jamais envie de faire autre chose.

Aurora : On vous dira ça après.

Jusqu’ici, est-ce que vous profitez bien de votre séjour à Brighton ? Comment vous sentez-vous avec la ville et ses habitants ?

Franziska : C’est très beau ici. On est arrivées la veille à Brighton. On a pu marcher pas mal et profiter du paysage. J’aime beaucoup le Royaume-Uni, c’est très beau !

Jasmin : Je suis contente qu’on puisse jouer à Brighton. Je préfère Brighton à Londres. Il y a quelques années, j’ai joué dans un autre groupe à Londres. Et honnêtement, je préfère ici.

Aurora : Je ne sais pas si je ressens quelque chose pour la ville. Avec le festival, ce n’est pas le « vrai » Brighton actuellement. Tous les gens qu’on rencontre sont probablement musiciens. Aussi, je ne sais pas si c’est également la même atmosphère hors période de festival ?

Jasmin : Oui, ce n’est peut-être pas le « vrai » Brighton.

Aurora : Mais j’aime la mer et le bord de mer. Et on a une belle vue de notre hôtel sur ce gros bâtiment, presque désaffecté.

 

© Tina Bauer

 

Comment l’idée d’Aivery, le groupe, le concept, vous est venue ?

Jasmin : Je pense que c’est pour moi, celle-là.

Franziska : Oui tu devrais. Elle est la seule membre fondatrice ici.

Jasmin : Quand j’ai quitté ma campagne pour rejoindre Vienne, je voulais jouer de la musique avec des gens. Alors j’ai mis un flyer dans les toilettes de certains lieux (rires).

Aurora : Pas vraiment DANS les toilettes.

Jasmin : Oui, plutôt sur les murs des toilettes. Puis j’ai eu une réponse de Doris et on a commencé à jouer ensemble. On était toutes les deux à un stage de goth rock quand on a rencontré Franziska. C’est plus ou moins comme ça que nous nous sommes retrouvées toutes les trois.

Quelles sont vos influences ? Votre musique sonne un peu garage / metal sur les bords.

Jasmin : Oui c’est plutôt ça l’idée du groupe.

Franziska : L’une de nos plus grosses influences est le groupe Polvo.

Aurora : Personne ne connaît ce groupe !

Franziska : C’est un groupe de math rock espagnol.

Aurora : Ça veut dire « poussière » en espagnol.

Jasmin : Ils jouent depuis les années 1990. Je pense qu’ils sont encore en activité.

J’ai également pu noter quelques touches de grunge dans votre musique. Peut-être êtes-vous influencées par Sonic Youth ?

Jasmin : Bien évidemment ! Qui ne l’est pas ?

Franziska : En réalité, j’écoutais beaucoup de musique pop quand j’ai rencontré Doris et Jasmin. Je me sentais vraiment honteuse de ne pas connaître des groupes comme Polvo ou Sonic Youth. C’est un peu mes excuses que je leur fais ici ! J’étais plus dans Green Day et Marina & the Diamonds. Ma voix est très influencée par la musique pop.

C’est certain ! J’ai trouvé que ta façon de chanter était un peu différente de la façon de chanter standard dans la musique rock. En particulier sur le titre « Miss », qui est très pop !

Franziska : C’est une vieille chanson, celle-là ! C’est cool que tu aies pu remarquer ça sur un morceau aussi ancien. On ne la joue plus tellement, mais c’est un titre qui est important pour nous car c’est Jasmin qui l’a enregistré elle-même.

Et tu cries également sur la chanson « Asshole » ?

Franziska : Ça, c’est Jasmin, en fait !

Jasmin : Je ne le fais plus aujourd’hui. Je n’ai pas la bonne technique et je ne veux pas me ruiner la voix ! Mais peut-être qu’on devrait la jouer à nouveau ?

Franziska : Il nous est arrivé une fois d’avoir deux concerts d’affilée. Jasmin ne pouvait pas chanter, j’ai donc dû crier à sa place. C’était quelque chose ! Quand on écrit nos chansons, on commence par la musique d’abord. Le chant arrive en dernier. Et parfois ça ne fonctionne pas car c’est très différent de ce que je joue à la basse. On s’arrange avec ça en studio. Mais en live, lorsque que je dois jouer mes lignes mélodiques tout en chantant, c’est vraiment très dur !

 

 

Il y a un truc de spécial avec votre titre « Don’t Dare ». Il est très énergique ! La fin fait penser à un effet lock-groove d’un tourne-disque. Est-ce que c’était intentionnel ?

Jasmin : Oui. L’idée d’un effet de saut de disque joué avec les instruments était purement intentionnelle.

Franziska : Merci de l’avoir remarqué ! Car c’est important pour nous de faire sentir cette impression à la fin du morceau.

Et pourquoi ne feriez-vous pas une version avec une fin de dix minutes ?

Aurora : L’originale ne dure pas dix minutes, mais ce serait génial. Je la ferais moi.

Franziska : Les gens seraient tellement décontenancés… Mais je la ferais également

Jasmin : Mais on n’a pas le temps aujourd’hui, nous n’avons que trente minutes…

Oui, c’est le concept de ce genre de festival : des showcases très courts pour présenter vos chansons. D’ailleurs, pensez-vous que le Great Escape Festival soit une opportunité pour vous de devenir plus populaires ?

Jasmin : Je ne crois pas, non. On fait ça car ça peut être une très bonne expérience. Mais on n’en attend pas plus de ce festival. Peut-être qu’on va percer ? Peut-être pas ? On a juste envie de jouer et c’est à peu près tout ce qui nous motive.

Quelle est la chanson, l’album ou le groupe/artiste que vous écoutez le plus en ce moment ?

Franziska : Hier on a vu Japanese Breakfast. J’ai beaucoup écouté leur album cette année [Soft Sounds from Another Planet, sorti le 14 juillet 2017 chez Dead Oceans]. Aussi, quand je suis un peu stressée, j’écoute du Ariana Grande. J’aime beaucoup la pop culture. J’aime tout ce qu’elle représente : le rêve, ce genre de choses…

Jasmin : L’un de mes groupes favoris de tous les temps c’est Saga. C’est un groupe de rock progressif canadien. Il y a beaucoup de couches dans leur musique : cinq synthétiseurs et trois guitares en même temps. C’est très dense et ça peut être difficile de comprendre quelque chose là-dedans. Mais c’est de la très bonne musique, pour moi.

Aurora : Eh bien, j’ai dû écouter beaucoup d’Aivery, comme je suis ici en support en remplacement de Doris ! Mais sinon, il y a ce groupe nommé E que j’aime beaucoup. En particulier la chanson « Regatta ».

Et connaissez-vous des groupes que vous voudriez faire découvrir au public ?

Franziska : Il y a ce groupe No Joy, avec une chanson du nom de « E », comme le groupe. La musique est très entraînante. C’est comme un train lancé à toute vitesse.

Jasmin : Je choisirais aussi No Joy. C’est un très bon groupe, un peu shoegaze mais avec plus de sons dissonants.

Ça vous fait une chanson pour tout le groupe, alors ?

Aurora : À vrai dire, je pense également à toute la scène musicale underground viennoise. Il y a beaucoup de groupes de filles qui en font partie. Je ne pourrais choisir l’un d’entre eux mais ces groupes méritent d’avoir un peu d’exposition, pour que les gens puissent plus les découvrir.

Quels sont vos projets après le concert ?

Jasmin : Eh bien, notre projet le plus imminent est le concert de ce soir. On doit encore jouer, et après ça…

Franziska : Peut-être nous lever tôt demain pour prendre notre avion à l’heure ? On a d’autres concerts de prévus à Vienne.

Donc en résumé, vous souhaitez jouer encore plus ?

Jasmin : Oui, autant que possible. Bien que l’album soit sorti en septembre 2017. On devrait peut-être essayer d’écrire de nouvelles chansons ?

Franziska : Très classique, comme projet de groupe. Écrire des chansons.

 

 

Pour suivre Aivery, rendez vous sur BandCamp et Facebook.

 

Article rédigé par Jonathan Kakpeyen

 

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