Back to School avec Feist à l’Olympia

 

Depuis longtemps proche de la capitale française, l’artiste folk rock canadienne Leslie Feist proposait ce mercredi 5 septembre 2018 à l’Olympia un concert bien ficelé et magnifique tant pour les yeux que pour les oreilles.

 

 

Qu’elle est belle la façade de l’Olympia Bruno Coquatrix, dans le 9e arrondissement de Paris ! Ses néons rouges affichaient ce soir-là cinq lettres qui résonnent dans l’esprit des connaisseurs comme gage de qualité de composition et de beauté de mélodies : Feist.

L’affiche comportait également les mots « La Force », nom de scène d’Ariel Engle, jeune artiste montréalaise.  Également membre du collectif canadien Broken Social Scene, son timbre de voix (et sa tenue) à la Céline Dion ont su conquérir le public français. Elle nous raconte comment sa guitare a été réalisée à partir d’une boîte de cigare, avant de la faire résonner d’un son chorus exagéré tout au long de sa prestation, comme sur les titres « Lucky One » ou « TBT ». Son assurance apaisante et communicative nous a très bien introduit à ce concert.

Et il fallait le faire ! Le public frileux et certainement fatigué de sa journée de labeur s’est laissé attendrir et amuser par La Force. L’artiste s’est même autorisé une petite reprise de « Joe le Taxi » à la fin du titre « Upside Down Wolf ». Les applaudissements participatifs du public de l’Olympia sur le dernier titre, en collaboration avec la chanteuse Daniela Gesundheit ainsi qu’une Leslie Feist énergique en robe bleue, ferment la première partie de La Force.

 

© La Force

 

Après un entracte bossa des plus agréables, on retrouve Feist accompagnée de ses quatre musiciens. Vêtue cette fois-ci d’une robe d’été blanche et talons hauts, l’artiste débute son set avec énergie, déterminée à nous livrer un spectacle puissant et de qualité. Et elle attaque fort avec le titre « Pleasure » issu de l’album éponyme. Tout aussi fort est le très folk « The Bad In Each Other » de son troisième album Metals. La soirée commence bien.

L’artiste s’est attachée à faire le show durant les intermèdes où son humour et sa fraîcheur, dans la continuité de La Force, ont allegé les cœurs des spectateurs. C’est ainsi qu’elle taquine le public en modifiant les paroles de fin de sa chanson « Any Party ». Cela en l’invitant à chanter avec elle (You know you wanna sing along) et en le convaincant que c’est sa chance de prouver à des américains qu’[ils peuvent] aussi chanter en anglais. Invitation acceptée, entre les rires et les You know I’d leave any party for you.

Après un « Get Not High, Get Not Low » rondement mené, La Force et Daniela Gesundheit font leur retour sur scène pour accompagner l’artiste sur la question rhétorique « How Come You Never Go There ». Suivra l’excellent titre « Anti-Pioneer », qu’elle confie avoir composé il y a 15 ans du temps de Let It Die. Un morceau bien mûri, tel un bon vin que le public a beaucoup apprécié. Dernier morceau avec la paire La Force/Gesundheit : « The Limit To Your Love », dans une version dark gospel avec en prime une loop de voix de Feist telle qu’elle sait les contrôler en live.

 

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@feist you are distilled beauty.

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© La Force

 

Les morceaux s’enchaînent : « Baby Be Simple », « A Man Is Not His Song » et le tube « Mushaboom » en version solo acoustique. Un énième accordage de guitare permet à Feist de remercier ses bienfaiteurs dont le talentueux Chilly Gonzales. Elle laisse d’ailleurs s’échapper un petit cri de réjouissance pour la sortie du dernier opus du pianiste Solo Piano 3. Par la suite, d’autres titres de Let It Die seront joués : « Lonely Lonely », « When I Was A Youg Girl »… Ce qui n’est pas pour déplaire aux fans de la première heure !

La fin du concert reprend en puissance avec une succession de titres de son album phare The Reminder. « My Moon My Man » est scandé en chœur par le public, sous les riffs électrisants de Feist, tout comme « Sealion », la fameuse reprise de Nina Simone. Méconnaissable mais toujours aussi puissant, « I Feel It All » réjouit l’audience qui ne cache pas son plaisir. Et, enfin, les cinq musiciens saluent leur public sur le mélancolique « Let It Die » avant de revenir pour un encore avec les fidèles La Force et Daniela Gesundheit, accompagnés d’une tripotée de chanteurs que la jeune quarantenaire a rencontré lors d’un festival en Allemagne.

 

© Prudence Upton

 

La représentation se termine sur le très joyeux « 1234 », au cours duquel Feist invite son public à chanter à l’unisson sur la fin du morceau tandis qu’elle s’éclipse avec ses musiciens. C’est une belle performance musicale et scénique qui nous confirme le talent de l’artiste canadienne. Tel qu’elle le laissait entendre lors de ses nombreuses interventions, on espère la revoir bientôt à Paris pour un prochain concert, et pourquoi pas un prochain opus ?

 

Pour plus d’informations sur Feist, direction le site officiel et la page Facebook.

 

Article rédigé par Jonathan Kakpeyen

 

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